3 décembre 2022

Dans B‌r‌i‌e‌f‌.‌m‌e ce week-end, les mouvements d’opposition en Chine, les visites d’État, de l’art créé par des machines et un compte à rebours avant le décollage.

On revient au début

L’opposition au régime chinois

La commission du Parti communiste chinois chargée de la sécurité a appelé mardi à la « répression » des « forces hostiles », alors que des manifestations se sont tenues dans plusieurs villes du pays le week-end dernier pour dénoncer la politique sanitaire mise en place par le régime face au Covid-19. Depuis l’arrivée au pouvoir des communistes en Chine, les mouvements d’opposition ont été rapidement réprimés et ont rarement pris de l’ampleur.

À l’origine

Le Parti communiste chinois (PCC) a été créé en 1921. Parvenu au pouvoir en Chine en 1949 à l’issue d’une guerre civile, il laisse des postes dans les instances politiques du pays aux membres de huit autres partis politiques. L’actuelle Constitution du pays clame toujours que la Chine s’appuie sur une « coopération multipartite » et un « système de consultation politique sous la conduite du Parti communiste chinois ». Mais ces partis minoritaires ont en réalité perdu toute influence depuis les années 1960, expliquait l’an dernier Deng Yuwen, ancien éditeur d’une revue du PCC, dans un article du quotidien hongkongais South China Morning Post. La « Révolution culturelle » menée de 1966 à 1976 est l’occasion pour le dirigeant chinois, Mao Zedong, « d’éliminer toute forme d’opposition, d’intensifier le culte autour de sa personne et de conforter un pouvoir personnel qu’il conserve jusqu’à sa mort en septembre 1976 », écrit le professeur d’histoire contemporaine Olivier Compagnon dans l’encyclopédie Universalis.

Les dates clés

  • 1978
    Le « Mur de la démocratie »

    À partir de novembre 1978, des dazibaos – des journaux placardés – dénonçant les erreurs commises par Mao Zedong commencent à recouvrir un mur de Pékin, la capitale chinoise. Le mur accueillant ces messages est rapidement qualifié de « Mur de la démocratie » et devient un lieu de discussions politiques publiques. Nombre des dazibaos qui sont affichés à Pékin et dans d’autres villes chinoises sont favorables à Deng Xiaoping, l’un des dirigeants communistes qui s’affrontent pour le contrôle du parti et qui prendra le pouvoir en décembre 1978. « Deng Xiaoping n’avait rien d’un démocrate : il avait seulement utilisé le mouvement démocratique pour vaincre ses adversaires », écrivent les historiens Alain Roux et Xiaohong Xiao-Planes dans « Histoire de la République populaire de Chine », publié en 2018. Dès octobre 1979, l’auteur d’un pamphlet contre Deng Xiaoping est condamné à 15 ans de prison. Le mur est détruit deux mois plus tard, l’affichage n’étant plus autorisé que dans un parc éloigné et peu fréquenté.

  • 1989
    Le massacre de la place Tian’anmen

    En avril 1989, Hu Yaobang, ancien secrétaire général du PCC poussé à la démission deux ans plus tôt, meurt d’une crise cardiaque. Plusieurs milliers d’étudiants se réunissent place Tian’anmen, à Pékin, pour déposer des couronnes de fleurs au pied de la stèle consacrée aux héros de la Révolution en hommage à cet ancien dirigeant réformiste. Les rassemblements d’étudiants se succèdent pour demander la réhabilitation de Hu Yaobang et davantage de libertés. L’armée chinoise intervient dans la nuit du 3 au 4 juin pour disperser les manifestants de la place Tian’anmen. Le massacre fait au moins 300 morts, selon les chiffres communiqués par le gouvernement chinois. Largement diffusée dans les médias étrangers, l’image d’un homme s’opposant à l’avancée des chars avant d’être interpellé devient le symbole de la répression chinoise. Encore aujourd’hui, les références à cet événement sont largement censurées en Chine. L’emploi de la combinaison des chiffres « 4 » et « 6 », pour « 4 juin », est par exemple interdit sur les réseaux sociaux.

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