2 février 2015

Tout s’explique

L'ouverture du procès du Carlton

Qu'est-il reproché à DSK dans l'affaire du Carlton ?

Treize prévenus, dont l'ancien directeur du Fonds monétaire international, sont convoqués au tribunal correctionnel de Lille depuis cet après-midi et pour les trois prochaines semaines. Ils devront répondre de "proxénétisme aggravé en réunion". Il s'agit d'établir les responsabilités d'un réseau ayant fréquenté l'hôtel Carlton de Lille et organisé des parties fines à Paris, Washington, Vienne et Madrid. Les prostituées étaient rémunérées par le patron d'une filiale du groupe BTP Eiffage, David Roquet, et le dirigeant d'une société de matériel médical, Fabrice Paszkowski. Si Dominique Strauss-Kahn ne dément pas avoir participé à des "soirées libertines", il affirme ignorer que les femmes étaient des prostituées rémunérées.

Que risque-t-il ?

Les juges devront trancher si les prévenus, dont DSK, étaient clients ou proxénètes, autrement dit s'ils ont "aidé", "assisté", "protégé" ou "tiré profit" de la prostitution d'autrui. Dans ce dernier cas, ils risquent jusqu'à 10 ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende. C'est moins que les 20 ans encourus dans le cadre de la qualification criminelle de "proxénétisme aggravé en bande organisée", comme les magistrats l'avaient prévu initialement. En passant de "bande organisée" à "réunion", les prévenus évitent un procès devant une cour d'assises et un jury populaire. C'est la seconde fois que Dominique Strauss-Kahn doit faire face à la justice dans une affaire de mœurs. En 2011, l'ancien favori des sondages à l'élection présidentielle avait été accusé de viol par une femme de ménage du Sofitel de New York. Le feuilleton judiciaire s'est achevé en décembre 2012 avec un accord financier avec son accusatrice.

Que retenir du premier jour du procès ?

La première audience a été marquée par le rejet du huis clos réclamé par les anciennes prostituées. L'avocat de ces dernières (qui se sont portées partie civile) craignait qu'elles revivent "une épreuve" en raison de la présence médiatique exceptionnelle. Un argument insuffisant aux yeux du tribunal, qui s'est estimé garant de la sérénité des débats.