3 février 2015

Tout s'explique

L'UMP déboussolée après sa défaite dans le Doubs

Quelle est la position affichée par Nicolas Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy a exprimé une position ambiguë sur l'attitude à tenir pour l'UMP face à l'élimination de son candidat lors du premier tour de la législative partielle dans le Doubs. "Il ne doit pas y avoir un nouveau député du FN à l'Assemblée, mais les électeurs doivent être libres de choisir", a déclaré en milieu de journée le président de l'UMP devant les députés de son parti. Ses propos ont été diversement interprétés. Il ne s'exprime pas en faveur d'un vote PS pour contrer le FN, comme l'ont fait Alain Juppé et Nathalie Kosciusko-Morizet. Il n'appelle pas clairement non plus au "ni-ni" (ni Front national, ni Parti socialiste), comme certains de ses proches l'avaient anticipé la veille. Cette option est soutenue, avec quelques nuances, par une majorité des dirigeants du parti, dont François Fillon, Bruno Le Maire ou Laurent Wauquiez. Un bureau politique devait se réunir ce soir à partir de 18 heures pour élaborer une position officielle.

Quelle est l'ambiance au sein de l'UMP ?

Nicolas Sarkozy a également déclaré devant les députés : "Il faut affirmer un choix politique. Mais si nous ramenons tout à un problème de conscience, nous risquons de faire du problème de la législative partielle dans le Doubs un risque d'explosion de l'UMP." Une formulation qui rend compte des débats houleux au sein du parti. "Ça a frité très fort", a raconté un des participants. Nicolas Sarkozy s'en est pris à Alain Juppé, lui reprochant de s'être exprimé sur son blog hier soir pour donner sa position personnelle. Le maire de Bordeaux avait écrit : "Quant à moi, si j'étais électeur de la 4e circonscription du Doubs, je sais ce qu'en mon âme et conscience je ferais : pour barrer la route à une candidate FN qui croit, entre autres choses, "en l'évidente inégalité des races", je ne m'abstiendrais pas, je voterais pour le candidat qui l'affronte, c'est-à-dire le candidat PS."

Comment en est-on arrivé à cette situation ?

La défaite du représentant de l'UMP a pris par surprise les dirigeants du parti. Il a réuni 26,54 % des suffrages exprimés, pas très loin du candidat PS (28,85 %). Mais pour qu'une triangulaire puisse avoir lieu, le candidat arrivé troisième doit avoir obtenu un nombre de suffrages d'au moins 12,5 % des électeurs inscrits. Or, en raison d'une abstention massive de 60,44 %, même la candidate FN arrivée en tête avec 32,60 % des suffrages exprimés n'a pas franchi ce seuil. Dès lors, il ne pouvait y avoir que deux finalistes.