5 février 2015

Tout s’explique

Hollande toujours dans "l'esprit de janvier"

Quelles sont les principales annonces du président ?

François Hollande a tenu ce matin une conférence de presse à l'Élysée. Il a annoncé une initiative diplomatique avec Angela Merkel pour favoriser le règlement de la situation ukrainienne : les deux dirigeants se rendent cet après-midi à Kiev et demain en Russie où ils rencontreront Vladimir Poutine. Sur le plan intérieur, il a précisé les modalités du renforcement du service civique pour les moins de 25 ans. Existant depuis 2010, ce dispositif dure entre 6 et 12 mois et offre une rémunération de 573 euros. Tout jeune volontaire, au lieu d'un sur cinq actuellement, se verra désormais proposer une mission. Une agence nationale de développement économique sur les territoires sera créée. Elle sera chargée de veiller à la mixité sociale.

Sur quoi a-t-il insisté ?

Animée par "l'esprit du 11 janvier", selon les mots employés par François Hollande, la conférence de presse a été l'occasion de revenir sur les attaques terroristes qui ont frappé la France début janvier et sur les enseignements à en tirer. Il a mis l'accent sur les rassemblements qui "ont impressionné le monde" et s'est donné pour rôle de prolonger ce mouvement pour assurer la cohésion au sein de la République. Cette insistance a provoqué le scepticisme de la correspondante à Paris du journal italien La Repubblica : "Il se contente d'être dans la continuité de l'esprit du 11 janvier. Seul, toujours, face au défi. Cette posture, on la comprend. Mais on ne saisit pas ce qu'il veut en faire."

À quoi servent ces conférences de presse présidentielles ?

Inspiré par le modèle de la conférence de presse gaullienne, ce rendez-vous permet de s'adresser aux Français de manière solennelle, par l'intermédiaire des journalistes. C'est rarement le moment où un président choisit de faire des annonces : le but est de donner un cap tout en gardant la main sur le débat public. Aucune conférence de presse n'a historiquement marqué les téléspectateurs, sauf peut-être sur des considérations privées : la rencontre de Carla Bruni pour Nicolas Sarkozy, ses relations avec Valérie Trierweiler pour François Hollande l'an passé.