6 février 2015

C'est leur avis

L'indifférence coupable face à Boko Haram

David Tolbert, ancien sous-secrétaire général de l'ONU, fustige l'indifférence du monde face aux agissements de Boko Haram au Nigeria. Il constate que l'émoi suscité l'an passé par l'enlèvement de 276 lycéennes s'est évaporé, alors que la plupart sont toujours portées disparues. Le directeur du bureau de l'AFP à Lagos, la principale ville du Nigeria, a une explication sur la place, trop faible, du groupe islamiste dans l'actualité internationale : "Rien de ce qui se produit au Nigeria ne peut être accrédité de façon certaine." En raison du danger, les journalistes se tiennent à distance des zones concernées. C'est ainsi que le bilan exact du massacre intervenu dans la ville de Baga début janvier est toujours impossible à établir.

"La communauté internationale, concentrée sur l'attaque de Charlie Hebdo, a mis des jours à condamner la tuerie de Baga. Même le président nigérian Goodluck Jonathan a envoyé ses condoléances à Paris plusieurs jours avant de répondre publiquement au massacre de ses propres citoyens. Cette incapacité à agir -- non seulement pour empêcher de nouvelles attaques, mais aussi pour établir les responsabilités dans les atrocités passées -- est à la fois une erreur et un danger." David Tolbert