19 février 2015

Tout s’explique

​Les prix baissent, bonne nouvelle ?

Comment expliquer la baisse des prix ?

Les prix à la consommation en France ont diminué en janvier de 0,4 % sur un an et de 1 % par rapport au mois de décembre, selon les chiffres publiés ce matin par l'Insee. On n'avait pas connu de variation négative d'une année sur l'autre depuis septembre 2009, en plein cœur de la crise. La forte baisse des prix entre décembre et janvier s'explique par les soldes d'hiver. Ainsi, les prix des produits manufacturés ont diminué de 3,2 % et le poste habillement-chaussures a dégringolé de 16 %. Cette situation est courante : en janvier 2014, les prix avaient aussi baissé (-0,6 %) par rapport à décembre 2013.

La France est-elle entrée en déflation ?

Non. Avec un seul mois d'inflation négative, la France n'est pas encore concernée par la déflation. Pour que ce soit le cas, il faudrait que les prix continuent de baisser pendant plusieurs mois. De plus, la variation annuelle provient essentiellement de la chute du prix de l'énergie (-7,1 %). Si on retire de l'indice les biens les plus volatils comme le pétrole, on constate une hausse de 0,2 % d'une année sur l'autre. La Banque centrale européenne, avec sa politique de rachats d'actifs décidée le mois dernier, espère revenir à une inflation proche de 2 % pour la zone euro d'ici 2016, contre -0,6 % en janvier.

Cette baisse des prix est-elle une bonne nouvelle ?

À court terme oui. L'inflation négative est favorable au pouvoir d'achat et donc à la croissance. Mais cet effet, s'il se prolonge, peut aussi inciter les consommateurs à différer leurs achats, les entreprises à baisser les salaires et à geler leurs investissements. Une fois installé, ce phénomène paralysant pour l'économie est difficile à déloger. C'est alors qu'on parle de spirale déflationniste.