11 mars 2015

Tout s'explique

Le projet de réforme du collège

Que prévoit le gouvernement ?

La ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem a annoncé une réforme du collège, qui concerne 3,2 millions d'élèves. Parmi les mesures envisagées : l'apprentissage d'une seconde langue vivante dès la cinquième, le développement de travaux en petits groupes, la modernisation de l'apprentissage des savoirs fondamentaux (cours de mathématiques étendus au codage informatique, cours de français au latin et au grec ancien), l'implication des parents grâce à un livret scolaire numérique. Trois semaines de négociations avec les syndicats d'enseignants vont maintenant s'ouvrir. L'application du plan est prévue en 2016.

Va-t-on vers la fin du « collège unique » ?

Le « collège unique » est le fruit d'une loi de 1975. Le but était une uniformisation de l'enseignement, en regroupant tous les élèves dans un seul type d'établissement. Le projet de réforme prévoit de donner une marge d'initiative aux enseignants pour l'organisation de 4 à 5 heures d'enseignement chaque semaine, en fonction des besoins des élèves. Le collège actuel est « monolithique dans son approche disciplinaire, suscitant parfois l'ennui, voire la perte du goût pour le travail et l'effort », constate la ministre. Elle se défend de vouloir mettre fin au collège unique, mais souligne que « collège unique ne doit pas vouloir dire collège uniforme ».

Comment ont été élaborées ces propositions ?

Najat Vallaud-Belkacem indique s'être appuyée sur le dernier rapport PISA (programme international pour le suivi des acquis) de l'OCDE, en 2013, qui souligne la forte augmentation des décrochages scolaires. L'étude constate des lacunes importantes dans de nombreuses matières, avec des moyennes inférieures aux autres pays développés. La ministre a aussi tiré le bilan de plusieurs expérimentations menées dans des établissements.