18 mars 2015

Ça alors

Journaliste espion de sa rédaction

Le 17 février, un stagiaire du Tageszeitung (TAZ), quotidien de gauche berlinois, appelle à l'aide un informaticien : son ordinateur ne marche plus. Le technicien découvre qu'est branché dessus un « keylogger », un enregistreur de frappe capable de retracer toute activité sur le clavier. Le lendemain, le journaliste d'investigation Sebastian Heiser est surpris en train de retirer l'objet. L'espionnage concernait au moins 16 journalistes depuis un an. Juste avant le scandale, Sebastian Heiser avait accusé sur son blog le quotidien Süddeutsche Zeitung d'avoir publié en 2007 une publicité déguisée pour une banque autrichienne sous couvert d'un article. Ces révélations étaient étayées par des enregistrements de discussions au sein du journal où il travaillait alors. Le journaliste s'est-il à nouveau transformé en espion de sa propre rédaction ? Il n'a toujours pas réagi publiquement.