23 mars 2015

Tout s'explique

Le déclin du bipartisme

Le premier tour des départementales est-il un échec pour le FN ?

Le parti de Marine Le Pen n’est pas le premier de France, contrairement aux élections européennes de 2014. Mais le premier tour des élections départementales a renforcé hier son enracinement avec 10 points de plus qu’aux cantonales de 2011. Le Front national a recueilli pour la première fois un quart des suffrages lors d’un scrutin local (25,19 %). Il termine derrière l’alliance UMP-UDI (29,4 %) mais devance le bloc PS-PRG-UG (21,85 %). Le FN s’est maintenu en ballotage dans la moitié des 2 054 cantons, arrivant même premier dans 350 d'entre eux.

Qu'est-ce qui a changé avec cette élection ?

La droite et la gauche ont enregistré des scores parmi leurs plus faibles à ce type d'élection sous la Ve République. Avec son premier grand succès local, le FN confirme l’émergence du tripartisme en France, analyse le Monde. Le journaliste Gérard Courtois note que sa progression impose « un match à trois » et bouleverse les règles élémentaires du jeu politique. Ce sera le cas lors de la prochaine présidentielle selon lui : « au premier tour, on choisit, au deuxième on élimine », dit « l'adage électoral ». Désormais, l'un des trois principaux candidats sera éliminé. Autrement dit, on éliminera dès le premier tour.

Le déclin du bipartisme concerne-t-il d’autres pays ?

Le bipartisme est malmené dans plusieurs pays européens, victime de la poussée de partis situés aux extrêmes. Ainsi, en Andalousie, lors des élections pour le parlement régional ce week-end, le parti antilibéral espagnol Podemos est arrivé troisième avec 14,8 % des voix et 15 députés sur 109. Un bon score à moins d'un an des législatives pour ce parti créé en janvier 2014. En Grèce, le 25 janvier, le parti de la gauche radicale Syriza gagnait les législatives et faisait voler en éclat le bipartisme en cours depuis la chute de la dictature en 1974. Au Royaume-Uni, le parti anti-européen Ukip pourrait bousculer conservateurs et travaillistes. Il est crédité de 15 % à 20 % des voix dans les sondages pour les législatives du 7 mai.