26 mars 2015

Tout s'explique

L’enquête du crash de l’A320 de Germanwings

Qu’est-ce que l’enquête a révélé ?

Deux jours après le crash de l’A320 de Germanwings, le procureur de Marseille a révélé ce matin le contenu de la boîte noire récupérée. Passées les premières 20 minutes anodines, « on entend le commandant de bord demander au copilote de prendre les commandes » de l’appareil. Le procureur estime qu’il s’est alors rendu aux toilettes. Une fois seul, le copilote a « volontairement » enclenché la descente automatique de l’avion et a bloqué la porte. Le commandant de bord n’a pu regagner la cabine. Le copilote est resté muet. La boîte noire a révélé qu’il respirait jusqu’à l’impact.

Quelles sont les procédures d’accès au cockpit ?

L’accès à la cabine se fait en composant un code depuis l’extérieur, a expliqué un porte-parole de Germanwings. Le pilote resté aux commandes est averti par une sonnerie et déverrouille l’accès. S’il ne réagit pas, la porte se débloque au bout de 30 secondes. Mais le pilote peut décider de condamner l’accès en cas de danger à l’extérieur. Certaines compagnies cachent à bord un pied-de-biche ou une hache. Germanwings n’a pas donné plus de détails. L’agence Associated Press indique que la procédure standard des compagnies américaines impose la présence en permanence de deux personnes dans le cockpit. Le patron de la Lufthansa, maison-mère de Germanwings, a déclaré ce matin que ce n’était pas le cas en Europe. Plusieurs compagnies européennes dont EasyJet ont annoncé aujourd'hui un changement de procédure.

Que sait-on du copilote ?

Âgé de 28 ans, Andreas Lubitz était le moins expérimenté des deux pilotes. Le jeune Allemand avait commencé sa formation en 2006, a déclaré le président de la Lufthansa. Il l’a interrompue pendant quelques mois, avant de devenir copilote en septembre 2013. Andreas Lubitz avait effectué 630 heures de vol à bord d’un A320. La compagnie s’est défendue de tout laxisme dans ses tests psychologiques, passés avec succès. Le ministre de l’Intérieur allemand a indiqué qu’il n’y avait pas de « contexte terroriste ».