30 mars 2015

Tout s'explique

Le gouvernement maintient le cap après les départementales

Un infléchissement de la politique du gouvernement est-il à l’ordre du jour ?

Malgré la lourde défaite de la gauche hier, lors du second tour des élections départementales, le Premier ministre a exclu tout changement de politique. Sur les 61 départements qu’elle dirigeait jusque-là, la gauche n’a pu en sauver que 34. L’UMP, alliée à l’UDI, l’a emporté dans 66 départements. Le FN n’a pas réussi à conquérir de présidence. Martine Aubry a vu dans ces résultats un « vote de protestation par rapport à la politique nationale ». Les « frondeurs » de l’aile gauche du PS ont réclamé un nouveau « contrat » de majorité. « Sans changements sincères dans les politiques, sans renouvellement de la pratique du pouvoir, la dispersion de la gauche sera irréversible », estiment-ils dans un texte.

Le gouvernement exclut-il un remaniement ?

Interviewé dans le JDD hier, le Premier ministre a noté que « le remaniement n’est pas l’urgence ». « Peut-on s’ouvrir à d’autres et notamment aux écologistes ? C’est à eux de décider », a estimé le Premier ministre. EELV y verra plus clair après la réunion, le 4 avril, des partisans d’un retour au gouvernement. Autre échéance importante : les socialistes ont jusqu’au 11 avril pour déposer leurs motions en prévision du congrès du parti début juin. Un texte commun des principales tendances pourrait ouvrir les portes des ministères à certains frondeurs d’ici l’été.

Une élection locale perdue implique-t-elle généralement un remaniement ?

Dans l’histoire de la Ve République, seuls deux Premiers ministres, Édith Cresson et Jean-Marc Ayrault, ont été remplacés à la suite d’une élection locale perdue. La première a payé l’échec du PS aux régionales et cantonales de 1992. Jean-Marc Ayrault a subi la défaite de la gauche aux élections municipales 2014. Jean-Pierre Raffarin n’a pas démissionné après les déboires de la droite aux régionales de 2004. François Fillon n’a pas quitté Matignon malgré plusieurs défaites de l’UMP entre 2008 et 2011.