31 mars 2015

Tout s’explique

La grève de Radio France

Quelles sont les raisons du mouvement ?

La plupart des syndicats des stations publiques de Radio France ont reconduit ce matin la grève pour un 14e jour consécutif. Ils contestent un projet de plan de départs volontaires pour 200 à 300 salariés, annoncé la semaine dernière par le président Mathieu Gallet. Le groupe a prévu dans son budget un déficit de 21 millions d’euros en 2015. La contestation est alimentée par les révélations successives sur le coût de la rénovation du bureau de Mathieu Gallet et l’emploi d’un consultant extérieur pour sa communication.

Pourquoi l’antenne est-elle bloquée ?

La direction cite une proportion de grévistes de 7 %. Dès lors, on peut s’étonner que la plupart des programmes doivent être remplacés par une bande musicale. En fait, les grévistes s’organisent en faisant des rotations pour limiter le décompte de leurs jours de grève (qui seront retranchés de leur paye). « Il suffit qu’une personne dans la chaîne de production fasse grève pour qu’une émission soit annulée », nous explique un employé de France Inter. Ainsi, chaque jour donné, 7 % du personnel est en grève, mais en réalité, le mouvement est beaucoup plus large.

Que propose la Cour des comptes ?

La Cour des comptes, la juridiction chargée de s’assurer du bon emploi de l’argent public, est en train de boucler un rapport sur le groupe, dévoilé cet après-midi par le journal les Échos avant sa validation. Il propose de fusionner les principales rédactions (France Inter, France Info et France Culture, qui comptent environ 280 journalistes) et les deux orchestres. La Cour des comptes suggère d’étudier « toutes les options » pour le chantier de la maison de la Radio, y compris « l’arrêt partiel » des travaux qui ont coûté plus cher que prévu. Mathieu Gallet, dans un e-mail aux salariés, a réagi en repoussant l’idée d’une fusion des rédactions.