10 avril 2015

Tout s'explique

La réconciliation entre les États-Unis et Cuba

Comment les deux pays se sont-ils rapprochés ?

Après l’annonce surprise, en décembre, du rétablissement de leurs relations diplomatiques, les États-Unis et Cuba affichent leur réconciliation à l’occasion du Sommet des Amériques qui réunit les chefs d’État du continent à Panama. John Kerry, le Secrétaire d’État américain, a rencontré hier son homologue cubain Bruno Rodriguez. Ces entretiens sont les premiers entre responsables de ce niveau depuis 1958. Barack Obama s’est entretenu mercredi au téléphone avec le président cubain Raul Castro, prélude à une poignée de main historique qui doit avoir lieu ce soir (heure locale).

Comment ont-ils gardé le secret ?

Lors des funérailles de Nelson Mandela, en décembre 2013, Barack Obama et Raul Castro s’étaient déjà salués. Les diplomates des deux pays travaillaient alors en coulisses depuis plusieurs mois. La Maison-Blanche s’est chargée du dossier, laissant de côté le Département d’État à qui incombent pourtant les relations internationales. Une demi-douzaine de réunions ont eu lieu au Canada, seul pays occidental à ne jamais avoir rompu ses relations avec Cuba, afin d’éviter les fuites. Le Premier ministre canadien, Stephen Harper, a expliqué avoir « rendu disponibles des endroits », sans participer aux discussions.

Pourquoi les deux pays ont-ils voulu ce rapprochement ?

Dès son investiture en 2009, Barack Obama a fait part de sa volonté d’en finir avec un conflit qui gênait les relations des États-Unis avec les autres pays d’Amérique latine, notamment le Venezuela et l’Équateur. Les entreprises américaines regardent avec intérêt un pays dont les besoins en matière de développement seront immenses. Le ministre du Commerce extérieur cubain a mis l’accent sur la nécessité d’augmenter les investissements étrangers pour stimuler la croissance. La levée de l’embargo, souhaitée par le président américain avant la fin de son mandat début 2017, devra être approuvée par le Congrès. Elle signifierait aussi pour Cuba un afflux de touristes américains.