17 avril 2015

Tout s’explique

Migrants en Méditerranée

Combien de migrants ont fait la traversée ? 

L’Organisation internationale pour les migrations, une agence intergouvernementale, estime à 22 000 le nombre de migrants clandestins à avoir traversé la Méditerranée pour rejoindre l’Italie depuis le 1er janvier. 11 000 d’entre eux sont arrivés ces six derniers jours, ont annoncé ce matin les garde-côtes italiens. Sur les deux premiers mois de l’année, le nombre d’arrivants est en hausse de 42 % par rapport à 2014. La semaine a été marquée par la disparition de 41 personnes dont les embarcations ont fait naufrage. Elles s'ajoutent à environ 400 la semaine précédente, établissant le bilan à 950 disparus depuis le début de l’année.

Pourquoi les migrants sont-ils de plus en plus nombreux ?

Un rapport publié en mars par Frontex, l’agence européenne pour la sécurité et les frontières extérieures de l’Union européenne, explique cette accélération par le chaos en Libye. L’affrontement de deux gouvernements rivaux relègue au second plan le contrôle des frontières. La Libye, à 355 km de l’île italienne de Lampedusa, attire de nombreux migrants du Nigeria, Mali, Sénégal, mais aussi de Syrie. Le Haut-commissariat des Nations unies souligne que la météo plus clémente augmente le nombre de tentatives ces dernières semaines.

Comment l’Europe réagit-elle ?

L’Italie a lancé en octobre 2013 une opération navale baptisée « Mare Nostrum ». Son rôle : surveiller les eaux méditerranéennes avec des moyens conséquents (32 navires déployés, deux sous-marins, des avions, des hélicoptères et 900 soldats). Ce dispositif a permis de recueillir 170 000 migrants, mais Berlin et Londres lui reprochaient de favoriser les tentatives. Depuis octobre 2014, l’UE finance en remplacement une opération appelée « Triton » sous supervision italienne. Elle est dotée d’un budget trois fois inférieur à « Mare Nostrum » (3 millions d’euros par mois). Le ministre italien des Affaires étrangères appelle à son renforcement, car « la surveillance et les secours en mer pèsent à 90 % sur l’Italie ».