23 avril 2015

Tout s’explique

La commémoration du génocide arménien

Comment est commémoré le génocide arménien ?

Cent ans après les faits, l’Arménie a commencé la commémoration du génocide arménien. Une cérémonie de canonisation des victimes a eu lieu aujourd’hui près d'Erevan. De nombreux chefs d’État sont attendus demain dans la capitale pour le centième anniversaire de la première rafle, dont François Hollande. La Turquie condamne tous les propos faisant état d’un « génocide » en référence aux massacres commis contre la population arménienne par l’Empire Ottoman (l’actuelle Turquie) à partir d’avril 1915. Suite à la minute de silence observée mercredi par le Parlement autrichien en mémoire du génocide arménien, elle a rappelé son ambassadeur à Vienne. Le 12 avril, lors d’une messe célébrée devant des fidèles arméniens, le pape François a prononcé le mot de génocide, déclenchant la condamnation du président Recep Tayyip Ergogan.

Pourquoi parle-t-on de génocide arménien ?

Le parti des Jeunes-Turcs, au pouvoir à l’époque, a organisé l’exécution de la minorité arménienne. Entre 1,2 et 1,5 million d’Arméniens de l’Empire Ottoman ont trouvé la mort entre 1915 et 1918. Le terme de « génocide » a été inventé en 1944 par le juriste Raphaël Lemkin, qui prit explicitement le cas arménien en exemple. La communauté historienne, hors Turquie, estime dans son ensemble que les massacres répondent à la qualification de génocide, c’est-à-dire l’extermination systématique et programmée d’une population en raison de ses origines ethniques, religieuses ou sociales.

Pourquoi la Turquie continue-t-elle de nier ce terme ?

En avril 2014, Recep Tayyip Erdogan a présenté ses condoléances aux descendants des victimes des massacres. Cependant, la Turquie nie le terme de « génocide » et utilise celui de guerre civile ou de « massacres mutuels », rejetant tout parallèle avec l’Allemagne nazie. Mardi, pour ne pas heurter son allié turc, et contrairement à une promesse de campagne, le président américain Barack Obama a appelé à une reconnaissance des « atrocités de 1915 », mais pas à celle du génocide. Le président turc s’est réjoui : « Pour la Turquie, la position américaine est très claire, elle est contre. »