24 avril 2015

Tout s’explique

Faible réponse européenne à la crise des migrants

L’UE va-t-elle augmenter les moyens alloués au sauvetage des migrants ?

Les dirigeants de l’Union européenne, réunis hier pour un Conseil européen consacré à la crise des migrants en Méditerranée, ont décidé le triplement du budget de la mission « Triton » de surveillance navale des frontières. Ce budget, porté à neuf millions d’euros mensuels, sera du même ordre que celui de « Mare Nostrum », l’opération menée par l’Italie jusqu’en octobre. Le soutien logistique (bateaux, avions, hélicoptères, personnel) sera accru, mais le champ d’action ne sera pas élargi au-delà des eaux territoriales italiennes. Frontex, l’agence européenne de protection des frontières en charge de « Triton », a rappelé qu'il ne s'agissait pas d'une opération de sauvetage.

Qu’est-il envisagé contre les passeurs ?

Les embarcations utilisées par les passeurs, « esclavagistes » et « terroristes », doivent être « annihilées », a déclaré François Hollande. La France et le Royaume-Uni, membres permanents au Conseil de sécurité des Nations unies, se sont engagés à présenter un projet de résolution autorisant des interventions militaires ciblées sur le territoire libyen. Encore faudra-t-il convaincre la Russie de ne pas opposer son veto. Vladimir Poutine considère que l’intervention internationale ayant conduit à la chute de Mouammar Kadhafi en 2011 avait outrepassé le cadre de l’ONU.

Comment seront répartis les réfugiés ?

Face à l’opposition du Premier ministre britannique David Cameron, l’idée de « quotas » obligatoires pour la répartition des réfugiés dans les différents pays, évoquée par l’Allemagne et la France, n’a pu être retenue. Leur accueil se fera sur la base du volontariat. L’UE s’est engagée à accueillir un plus grand nombre de réfugiés syriens, sans fixer de chiffre. La France a promis d'accueillir entre 500 et 700 Syriens.