30 avril 2015

Tout s’explique

Les ventes du Rafale s’accélèrent

Comment s’explique l’enchaînement des contrats ?

Après l’Égypte en février et l’Inde au début du mois, le Qatar a annoncé ce matin l’achat de 24 avions de combat Rafale pour 6,3 milliards d’euros. L’Élysée précise que François Hollande se rendra le 4 mai à Doha pour la signature du contrat. Les négociations se sont accélérées avec les tensions au Moyen-Orient (Syrie, Libye, Yémen) et les préoccupations sur l’influence de l’Iran dans la région. S'agissant des contrats égyptien et indien, la raison est davantage diplomatique : Le Caire et New Delhi, dont les relations avec Washington se sont altérées, n’ont pas souhaité s’équiper en F-16 ou F-35 américains. Dassault souligne aussi que la baisse de l’euro a rendu le Rafale plus abordable.

Pourquoi n’y a-t-il pas eu de ventes pendant 13 ans ?

Lancé en 1985, le programme Rafale a connu son premier vol en 1991 et ses premières livraisons en 2006. Jusqu’au début de l’année, seule l’armée française s’était offert cet avion de chasse (137 unités livrées). Dans un contexte de fin de guerre froide, les besoins ont chuté. Plusieurs pays sous l’influence de Washington, comme Singapour et la Corée du Sud, ont préféré le concurrent américain Lockheed Martin. Lors de l’échec de la vente au Brésil, fin 2013, la présidente Dilma Rousseff avait pointé le prix important du Rafale (25 % plus cher que le Gripen du suédois Saab). L’intervention en Libye, en 2011, a été la première occasion pour les acheteurs potentiels de voir le Rafale opérer en conditions réelles.

Dassault et ses partenaires vont-ils tenir la cadence ?

Avec la commande du Qatar, Dassault Aviation et ses 500 sous-traitants vont devoir produire 84 avions d’ici 2019, auxquels s’ajoutent 26 appareils commandés par l’armée française. Outre Dassault, l’électronicien Thales et le motoriste Safran coordonneront l’assemblage. L'avionneur a réuni début mars la plupart de ses partenaires pour faire le point sur leurs capacités. Son usine de Mérignac (Gironde) peut passer d’une production d’un avion par mois à deux et demi sans investissement significatif, avait prévenu début mars le PDG Éric Trappier, de quoi absorber les nouvelles commandes. Le programme Rafale fait travailler 7 000 personnes en France.