4 mai 2015

Ça alors

Un faux pour mieux contempler les vrais

Prend-on assez le soin de contempler les tableaux au musée ? C’est la question posée au début de l’année par la Dulwich Gallery, la plus vieille galerie d’art londonienne. Pendant trois mois, les visiteurs ont été invités à repérer une copie cachée parmi les Rembrandt, Rubens et Murillos. Au milieu avait été dissimulée une réplique commandée auprès d’une société chinoise, la Meishing Oil Painting Manufacture, qui reproduit des Botticelli, Van Gogh ou Picasso pour des clients du monde entier. Juridiquement, ils ne sont pas faux, car l’entreprise prend soin de modifier la taille des œuvres. Seul indice livré par la galerie : la toile a été commandée sur Internet pour moins de 200 euros. Au terme de cette expérience imaginée par l’artiste contemporain Doug Fishbone, 10 % des participants ont trouvé le faux, en l’occurrence la « Jeune femme », attribué au peintre français Jean-Honoré Fragonard.