5 mai 2015

Tout s’explique

L’Italie vote sa grande réforme électorale

Pourquoi l’Italie a-t-elle été contrainte de réformer son système électoral ?

Les députés italiens ont adopté hier soir une nouvelle loi pour les élections législatives, conçue pour mettre fin à l’instabilité politique chronique du pays. Quatre gouvernements se sont succédé depuis le début de la décennie, et 62 depuis 1945. Les gouvernements menacent de tomber à chaque vote au Parlement, sous l’effet des petites formations qui font et défont les coalitions. Lors des dernières élections de février 2013, aucun parti ne pouvait revendiquer la victoire et prétendre à lui seul guider l’exécutif. Le gouvernement d’Enrico Letta a pris fin en moins d’un an, laissant la place à Matteo Renzi et sa promesse d’une grande réforme électorale.

Comment se passeront les prochaines élections ?

Aujourd’hui, le système est régi par la proportionnelle et favorise la formation de coalitions fragiles. À partir de 2016, si un parti dépasse 40 % des voix au niveau national, il obtiendra 340 sièges sur les 630 de la Chambre des députés. Le reste des sièges sera réparti entre les partis ayant dépassé 3 %. Si aucun parti n’obtient 40 %, un second tour sera organisé entre les deux formations arrivées en tête pour déterminer celle qui bénéficiera de la prime majoritaire. L’opposition de droite et le courant anti-Renzi du parti démocrate ont dénoncé une dérive anti-démocratique.

Ce type de problème se pose-t-il ailleurs ?

En Israël, le vainqueur des élections législatives Benjamin Netanyahou peine à former une coalition. Il a jusqu’à demain minuit pour y parvenir. Sur les 120 sièges que compte la Knesset, le parlement israélien, il n’a réussi à en rallier que 53. En Grande-Bretagne, où les élections générales auront lieu jeudi, les commentaires se focalisent sur la perspective d’un parlement sans majorité, malgré l’application d’un scrutin majoritaire à un tour.