11 mai 2015

Tout s’explique

La visite de Hollande à Cuba

En quoi ce voyage est-il historique ?

François Hollande est arrivé ce matin à Cuba, devenant le premier chef d’État occidental à se rendre dans l’île depuis 1986. Le président effectue depuis vendredi une tournée dans les Caraïbes. Il est passé par les îles françaises de Saint-Barthélemy, Saint-Martin, la Martinique, la Guadeloupe et se rendra à Haïti demain. En avril 2014, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius s’était déjà rendu à Cuba pour préparer cette visite, avant le dégel des relations entre Washington et La Havane annoncé en décembre. En fin d’après-midi, François Hollande a appelé à l’annulation de l’embargo américain en vigueur depuis 1962. Il rencontrera ce soir son homologue Raul Castro, mais aucun rendez-vous avec Fidel Castro n’est prévu dans l’agenda officiel.

Quels avantages la France peut-elle en tirer ?

La France n’est que le dixième partenaire économique de Cuba, loin derrière le Venezuela ou la Chine, des pays proches du régime cubain. Les échanges sont limités par les risques de représailles américaines, Washington menaçant de sanctions toute entreprise entretenant des relations économiques avec Cuba. Avec la fin annoncée de l’embargo et la perspective de l’ouverture du marché, les entreprises françaises visent les secteurs des infrastructures de transport, du bâtiment, du tourisme et du numérique. François Hollande est accompagné de 30 chefs d’entreprise.

Quelle place pour les droits de l’homme ?

François Hollande a indiqué que le sujet des droits de l’Homme serait évoqué, mais aucune prise de parole publique n’aura lieu pour le confirmer. 8 899 opposants ont été arrêtés à Cuba en 2014, selon la Commission cubaine des droits humains, une structure tolérée par le gouvernement. Robin Guittard, le chargé de campagne d’Amnesty International pour la zone Caraïbes, estime que la France a un rôle à jouer pour accompagner les progrès dans le domaine des droits de l’homme.