11 mai 2015

C’est leur avis

Le latin prétexte aux classes de niveau

La réforme du collège proposée par le gouvernement se heurte aux critiques, notamment sur la question des langues mortes. Interrogé par le Bondy Blog, le sociologue François Dubet, qui soutient le projet, souhaite que leur enseignement ne soit plus instrumentalisé.

« L’enjeu, c’est de ne pas faire des langues anciennes le prétexte à la constitution de classes homogènes permettant de regrouper de “bons élèves”. Ces derniers vont en général faire du latin ou du grec pour être dans la bonne classe et l’abandonner dès le lycée. Je préfère un système qui dit : tous ceux qui veulent faire du latin en font. Mais dès lors que vous faites des classes de “bons” d’un côté, vous créez des classes de “mauvais” de l’autre. Ce genre de dispositif provoque une inégalité de l’offre scolaire véritablement choquante. Je suis pour le latin et le grec, mais il ne faut pas séparer les gamins, ceux qui le veulent resteront deux heures de plus pendant que les autres feront autre chose ! » François Dubet