18 mai 2015

Tout s'explique

Des milliers de migrants asiatiques à la dérive

Qui sont ces nouveaux « boat people » ?

Ces derniers mois, la Malaisie, l’Indonésie et la Thaïlande ont été confrontées à un afflux de réfugiés rohingyas fuyant la Birmanie par la mer. Cette minorité musulmane, qui vit à la frontière du Bangladesh, est considérée par l’ONU comme l’une des plus persécutées au monde. Les réfugiés fuient les violences d'une ethnie bouddhiste. Certains, tombant entre les mains de passeurs, sont conduits dans la jungle thaïlandaise puis sont emmenés en Malaisie ou en Indonésie par la mer. Depuis qu’un navire en perdition, chargé de 2 000 migrants affamés, a été filmé la semaine dernière par des agences de presse, les nations d’Asie du Sud-Est ont précipité une série d’entretiens entre les ministres des Affaires étrangères. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme estime qu’environ 8 000 personnes se trouvent en ce moment sur des bateaux en perdition.

Quelle responsabilité porte la Birmanie ?

Les 1,3 million de Rohingyas sont confrontés à des lois discriminatoires en Birmanie (pas de liberté de circulation, peu d’accès aux soins) et sont privés de citoyenneté depuis 1982. En 2012, des violences ont éclaté après l’agression d’une jeune femme bouddhiste. Plus de 200 personnes ont été tuées durant ces émeutes, principalement des musulmans. Depuis, plus d’une centaine de milliers de Rohingyas sont parqués dans une vaste zone à l’ouest de la Birmanie. Début 2014, l’ONG Médecins sans frontières a dû quitter le pays, le pouvoir l’accusant de « partialité » à l’égard des Rohingyas.

Quelle est la réaction des pays de la région ?

La Thaïlande, la Malaisie et l’Indonésie viennent d’annoncer qu’elles repousseront de leurs côtes les navires à la dérive. Ces pays craignent un afflux massif. En Thaïlande, l’armée les renvoie avec de l’eau et des vivres. Ce pays a convoqué le 29 mai un sommet d’urgence avec une quinzaine de pays, dont la Malaisie, l’Indonésie, le Bangladesh, mais aussi les États-Unis et l’Australie. La Birmanie menace de le boycotter, estimant que les Rohingyas ne font pas partie de ses ressortissants.