19 mai 2015

Tout s’explique

​Trois emplois sur quatre ne sont pas stables

Comment se décompose le marché du travail mondial ?

Seul un quart des travailleurs dans le monde dispose d’un emploi stable, relève dans un rapport publié aujourd’hui l’Organisation internationale du travail (OIT), une agence dépendant des Nations unies. Ce document couvre 185 pays et 84 % de la main-d’œuvre mondiale. Les trois quarts des autres travailleurs sont employés à titre temporaire ou avec des contrats à durée déterminée, dans des « petits boulots », comme travailleurs indépendants ou dans des emplois familiaux non rémunérés. L’emploi salarié, pour lequel on touche un salaire fixé par un contrat de travail, ne représente que 45 % de l’emploi global.

Quels sont les pays concernés par ce phénomène ?

Répandu dans les pays en développement, le travail non salarié gagne dans les économies avancées. Aux États-Unis, selon l’Union of Freelancers, une organisation à but non lucratif, 34 % de la main-d’œuvre est indépendante. En France, l’Insee comptait 2,7 millions de travailleurs non salariés fin 2013 (pour 23,8 millions de salariés). Ce chiffre est en augmentation depuis 2009, date à laquelle le régime d’auto-entrepreneur a été instauré. Environ un million d’individus y avaient recours à la fin 2014.

Quelles sont les conséquences pour les politiques publiques ?

L’OIT recommande aux pays de réviser leur législation pour qu’elle tienne compte des nouvelles modalités d’emploi. La couverture sociale se révèle insuffisante pour les travailleurs indépendants, tandis que de nombreuses prestations, comme l’accès au logement, sont réservées aux titulaires de contrats à durée indéterminée. En France, par exemple, les auto-entrepreneurs ne peuvent prétendre au chômage lors de l’arrêt de leur activité.