21 mai 2015

Tout s’explique

La cité de Palmyre aux mains de Daech

Quelle est la dimension culturelle de cette ville ?

Le groupe État islamique a pris ce matin le contrôle total de la ville de Palmyre (70 000 habitants) et de sa cité antique inscrite au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco. Les djihadistes maîtrisent désormais la moitié du territoire syrien, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une ONG. Le site archéologique, vieux de 2 000 ans, était visité par plus de 150 000 touristes par an jusqu’en 2011 et le début de la crise en Syrie. La directrice générale de l’Unesco s’est dit « très préoccupée par les actions militaires et une éventuelle destruction de ce site magnifique ».

Pourquoi sa position est-elle stratégique ?

La cité de Palmyre revêt une importance stratégique pour les djihadistes puisqu’elle ouvre sur le désert syrien, limitrophe de la province d’Al-Anbar, en Irak, qu’ils contrôlent déjà en partie. Avec la prise de Ramadi, dimanche, en Irak, ils ont renforcé leur présence près de Bagdad. Le groupe État islamique est désormais maître de la quasi-totalité des champs pétroliers et gaziers de Syrie après la prise de deux installations près de Palmyre. Cette ville est le dernier verrou avant Homs, où le régime syrien de Bachar el-Assad détient son dernier champ gazier, et la capitale Damas.

La coalition internationale est-elle impuissante face à l’avancée de Daech ?

Les États-Unis et leurs alliés (dont la France) limitent leur implication à une campagne de bombardements aériens en Irak. Ces opérations devaient permettre de contenir la poussée de Daech, de démanteler ses filières d’exportation de pétrole et d’appuyer les contre-offensives au sol de l’armée irakienne. Cette dernière peine toutefois à endiguer la progression des djihadistes. Barack Obama exclut toujours l’envoi de troupes au sol en dehors d'opérations ciblées. Samedi, l’un de ces raids a permis de tuer quatre commandants djihadistes à Deir ez-Zor en Syrie.