26 mai 2015

Tout s’explique

Faire du burn-out une maladie professionnelle

Qu’est-ce que le burn-out ?

Le député socialiste Benoît Hamon veut inscrire le « burn-out » (l’effondrement au travail) dans la loi comme une maladie professionnelle. Cette proposition était discutée à l’Assemblée en milieu d’après-midi, à l’occasion du débat sur le projet de loi sur le dialogue social. Le burn-out est un trouble psychique provoqué par un stress chronique dans le cadre du travail, le salarié se donnant sans limite à son emploi, au détriment de sa vie privée et sociale, jusqu’à l’épuisement. Benoît Hamon considère « l’irruption des nouvelles technologies, la prise de pouvoir des actionnaires et les exigences court-termistes » comme des facteurs déclencheurs. La détermination du burn-out reste souvent délicate. Le député ne souhaite pas mélanger les symptômes liés au travail et ceux liés à un épuisement général, provoqué par de nombreux facteurs extérieurs.

Que changerait une qualification en maladie professionnelle ?

Avec l’amendement de Benoît Hamon, le salarié victime de burn-out ne serait plus pris en charge par le régime général de la Sécurité sociale, mais par sa branche « accidents du travail et maladies professionnelles », financée par les cotisations des entreprises. Pour Philippe Zawieja, chercheur et auteur du livre « Le burn-out », « l’objectif poursuivi est ainsi une meilleure justice sociale, puisque l’esprit est proche du principe du pollueur-payeur : le responsable paie l’intégralité du préjudice. »

Qu’en pensent les patrons ?

Le Medef s’oppose à cette requalification. « Le burn-out ne peut pas être décrété maladie professionnelle, car c’est un phénomène très complexe, encore flou, où se mélangent des facteurs internes et externes à l’entreprise », explique aux Échos le syndicat patronal. Certains grands groupes ont néanmoins pris en compte les ravages du stress au travail sur leur image de marque. Après la vague de suicides chez Orange (2008-2009), dont certains sont imputables au burn-out, la direction a mis en place un observatoire interne du stress, des lignes d’écoute anonymes, des chartes sur les horaires et le bon usage des e-mails.