27 mai 2015

C'est leur avis

Une vision moraliste de l’art

Présenté au Festival de Cannes, « Much loved » du Franco-Marocain Nabil Ayouch, qui traite de la prostitution à Marrakech, ne sera pas projeté au Maroc où le gouvernement a qualifié le film « d’outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine ». Pour Abdellah Tourabi, éditorialiste de l’hebdomadaire TelQuel, cela montre à quel point la liberté de création est contrainte.

« On demande à l’artiste de proposer des solutions aux problèmes du pays, de se conformer aux normes de la société, et de donner une image positive du Maroc à l’étranger, comme s’il était fonctionnaire à l’Office du tourisme. Selon cette logique, l’artiste doit sacrifier sa subjectivité et son propre imaginaire sur l’autel des valeurs et de l’identité. Une vision moraliste nourrie par des décennies de propagande, distillée successivement par la gauche et le mouvement islamiste. » Abdellah Tourabi