28 mai 2015

Tout s'explique

Le Royaume-Uni annonce son référendum d’appartenance à l’UE

Pourquoi Cameron fait-il le tour de ses partenaires européens ?

David Cameron a entamé aujourd’hui une tournée de deux jours aux Pays-Bas, en France, en Pologne et en Allemagne pour défendre son plan de réforme de l’Union européenne. Cette offensive diplomatique a pour enjeu une possible sortie du Royaume-Uni de l’UE. Le Premier ministre britannique a en effet confirmé hier son intention d’organiser d’ici 2017 un référendum sur l’appartenance de son pays à l’Union. C'était l’un des principaux engagements de sa campagne électorale. Sans réforme drastique (restriction de la libre circulation des ressortissants de l’UE notamment), il ne ­plaidera pas pour le maintien.

Qui soutient un maintien dans l’UE ?

L’opposition travailliste soutient l’initiative d’un référendum, mais fera campagne pour rester au sein de l’UE. Le patronat britannique milite également pour le maintien, avec comme arguments l’accès privilégié, pour les entreprises britanniques, au marché européen de 500 millions de personnes et la consolidation de Londres comme place financière internationale. La Confédération des industries britanniques, qui représente 190 000 entreprises, estime qu’un Royaume-Uni dans l’UE pourra peser davantage dans le « plus vaste accord de libre-échange jamais négocié » (le TTIP, en cours de négociation avec les États-Unis).

Que pensent la Commission et les pays membres de cette initiative ?

Le ministre français des Affaires étrangères a jugé ce matin « très risqué » le projet de référendum britannique. Laurent Fabius estime que le Royaume-Uni aura le plus à perdre en cas de rupture, mais que « ce serait aussi négatif pour l’Europe ». En avril, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'était dit prêt à écouter les demandes de Londres, mais pas à modifier la libre circulation des travailleurs au sein de l’UE. François Hollande et Angela Merkel ont cosigné une contribution adressée samedi à la Commission dans laquelle ils s'élèvent contre tout changement des traités et appellent à mettre au point une plus grande coordination économique, mais aussi fiscale et sociale. Une direction inverse de celle prônée par Londres.