2 juin 2015

Tout s'explique

La croissance ne suffit pas à relancer l’emploi

Pourquoi le chômage augmente-t-il encore ?

Le ministère du Travail a annoncé hier avoir comptabilisé 3,54 millions de demandeurs d’emploi à la fin avril. C’est un nouveau record qui porte à 640 000 le nombre de chômeurs supplémentaires depuis l’élection de François Hollande. Le constat est étonnant compte tenu des chiffres de la croissance, qui a atteint 0,6 % au premier trimestre, soit la meilleure performance depuis deux ans. Le ministère des Finances table sur une hausse du PIB de 1 % pour l’ensemble de l’année. Le gouvernement et l’Observatoire français des conjonctures économiques, un centre de recherche dépendant de Sciences Po, estiment cependant qu’il faut au moins 1,5 % de croissance annuelle pour faire reculer le chômage.

Le problème vient-il de l’investissement ?

Chez les ménages, l’investissement recule (- 1,4 % au premier trimestre), tandis que chez les entreprises il progresse à peine (+ 0,2 %). Il est pourtant la clé de la création d’emplois, souligne l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), structure qui regroupe les 34 pays les plus développés du monde. L’Insee estime que les entreprises n’ont pas assez confiance en l’avenir, même si elles bénéficient d’une « nette bouffée d’oxygène » grâce au Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi et au Pacte de responsabilité. Ces deux mesures doivent leur procurer 41 milliards d’euros d’allégements de charges entre 2014 et 2017.

Que compte faire le gouvernement ?

Le ministre du Travail François Rebsamen a annoncé hier la création de 100 000 emplois aidés supplémentaires en 2015, en plus des 450 000 déjà en cours. Ces contrats d’une durée moyenne de 13 mois sont financés par l’État et réservés aux jeunes ou chômeurs de longue durée. Le gouvernement doit présenter le 9 juin une série de mesures destinées à stimuler les embauches dans les petites et moyennes entreprises. Le Premier ministre Manuel Valls a écarté l’idée d’un CDI « assoupli » facilitant les ruptures, une mesure réclamée par le patronat pour créer des emplois.