3 juin 2015

C'est leur avis

Une dette surtout envers la nature

La croissance du PIB est l’instrument principal utilisé pour mesurer l’évolution économique d’un pays. Dans un entretien au site d’information Reporterre, l’économiste Thomas Piketty juge qu’il est incohérent de parler de croissance sans prendre en compte la dégradation de l'environnement, c'est-à-dire du « capital naturel ».

« Mieux comptabiliser le capital naturel est un enjeu central. La dégradation du capital naturel est un risque autrement plus sérieux que tout le reste. Cela est la véritable dette. La “dette publique” dont on nous rabâche les oreilles est une blague ! C’est un pur jeu d’écriture : une partie de la population paye des impôts pour rembourser les intérêts à une autre partie de la population. […] En revanche, si on augmente de 2°C la température de la planète d’ici 50 ans, ce n’est plus un jeu d’écriture ! Et on n’a rien sous la main permettant de régler le problème de ce coût imposé au capital naturel. » Thomas Piketty