4 juin 2015

Tout s’explique

La Grèce cherche un accord sur sa dette

Qu’est-ce qui bloque les négociations entre le pays et ses créanciers ?

La Grèce et ses créanciers, Fonds monétaire international (FMI), Banque centrale européenne (BCE) et Commission européenne, ne sont pas parvenus à un accord sur la dette du pays la nuit dernière. Ils n’arrivent pas à s’entendre sur une liste de réformes, condition réclamée par les bailleurs pour débloquer une nouvelle tranche d’aide. D’un montant de 7,2 milliards d’euros, elle est vitale pour la survie financière du pays. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras et les représentants de ses créanciers ont prévu de se revoir dans les jours qui viennent.

Quelles réformes Syriza est-il prêt à accepter ?

Les créanciers insistent sur la nécessité de résorber le déficit du régime de retraite. Ils demandent des coupes dans le montant des pensions et la suppression d’une prime réservée aux retraités modestes. Le parti anti-austérité au pouvoir Syriza s’y refuse. Alexis Tsipras a proposé la fin des préretraites dont de nombreux Grecs ont profité avec la multiplication des faillites. Les créanciers plaident aussi pour une augmentation de la TVA sur certains produits qui verraient notamment les taxes sur l’électricité augmenter de 10 points. Alexis Tsipras a fait une contre-proposition augmentant la TVA dans certains secteurs, mais la maintenant à taux réduit dans l’énergie et l’alimentation.

Comment la Grèce fait-elle pour honorer ses échéances ?

Si la Grèce déclare disposer de fonds suffisants pour honorer demain les 300 millions d’euros qu’elle doit à ses créanciers, les autres tranches ne sont pas assurées. Entre juin et août, Athènes devra s’acquitter de 12 milliards supplémentaires. En cas de non-remboursement des créances, la Grèce se dirigerait vers un défaut de paiement. Dans cette perspective, les Grecs redoutent une sortie de l’euro ou un contrôle des capitaux comme les créanciers l’avaient imposé à Chypre en 2013. Cette crainte a conduit les épargnants grecs à retirer 30,6 milliards d’euros des banques entre novembre et avril.