5 juin 2015

Tout s'explique

La justice européenne valide l’arrêt des soins de Vincent Lambert

Pourquoi la Cour européenne a-t-elle pris cette décision ?

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), chargée de faire respecter les droits de l’homme sur le territoire européen, a validé ce matin l’arrêt des soins qui maintiennent artificiellement en vie Vincent Lambert. Ce jeune homme tétraplégique se trouve dans un état végétatif depuis un accident de la route en 2008. Sa femme, ainsi qu’une partie de ses frères et sœurs, avaient donné leur accord à un processus de fin de vie en 2013. Ses parents y sont opposés et avaient saisi la CEDH à la suite d’une décision du Conseil d’État jugeant légal l’arrêt des traitements. La Cour européenne a considéré que l’arrêt de sa nutrition et de son hydratation, conduisant à la mort, ne violerait pas le « droit à la vie » du malade.

L’affaire Vincent Lambert est-elle terminée ?

Les parents ont été déboutés, mais leurs avocats ont annoncé leur intention d’introduire de nouveaux recours en France. Avant la décision de la CEDH, ils avaient annoncé qu’ils réclameraient une nouvelle procédure collégiale du CHU de Reims, l’établissement où est soigné Vincent Lambert, en raison du départ du docteur qui avait enclenché le processus de fin de vie. Ils estiment que la situation médicale de leur fils s’est améliorée ces derniers mois, ce que contredit sa femme. Cette dernière estime respecter la volonté de son mari, même s’il ne l’a jamais clairement exprimée.

Que prévoit la loi française sur la fin de vie ?

Depuis la loi Leonetti de 2005, chacun peut formuler des directives anticipées, notamment le refus de tout acharnement thérapeutique pour le cas où l’on serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté. Ce souhait n’est valable que trois ans et seulement à titre consultatif pour l’équipe médicale. Une nouvelle version de la loi, en discussion au Sénat, prévoit que les directives, sans limites dans le temps, s’imposent aux médecins. Le nouveau texte prévoit également que les personnes atteintes d’une maladie incurable puissent être plongées dans une « sédation profonde et continue ».