10 juin 2015

Tout s’explique

UberPop s’implante dans les grandes villes françaises

UberPop est-il hors-la-loi ?

Uber, le leader mondial des voitures de transport avec chauffeur (VTC), a étendu lundi son service UberPop à Marseille, Nantes et Strasbourg. Ce service à prix réduit était déjà actif à Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Nice et Toulouse. Il est rendu illégal par la loi Thévenoud, entrée en vigueur le 1er janvier et qui interdit aux particuliers d’avoir recours à des chauffeurs non-professionnels. Mais l’entreprise américaine juge que le texte ne concerne pas UberPop (qu’elle présente comme un service de covoiturage) et multiplie les procédures. Elle a déposé plusieurs recours et a porté plainte auprès de la Commission européenne. En attendant que toutes les juridictions statuent, cinq préfectures ont pris des arrêtés rappelant l’illégalité d’UberPop. Trois chauffeurs ont été interpellés hier à Strasbourg.

En quoi UberPop se différencie-t-il des autres services proposés par l’entreprise ?

Lancé en février 2014, UberPop fait appel à des chauffeurs amateurs. Il leur suffit d’avoir une voiture de moins de dix ans, d’être âgé de plus de 21 ans, de détenir le permis B depuis un an, d’avoir un casier judiciaire vierge et une assurance à leur nom. Les voitures se réservent via une application mobile. L’entreprise offre deux autres modes de transport : « Uber », qui propose des berlines haut de gamme, et « Uber X » avec des véhicules moins luxueux et un prix moins élevé. Ces deux services font appel à des chauffeurs professionnels titulaires d’une licence VTC ayant suivi une formation de 250 heures.

Uber est-il toléré dans les autres pays européens ?

La France n’est pas le seul pays où Uber est en litige pour ses services. En avril, la justice portugaise a ordonné la fermeture du site web et la suppression de l’application mobile. En mars, la justice allemande a décidé l’interdiction d’UberPop, tout comme l’Espagne fin décembre. La société a fait appel. La Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, le Danemark et la Norvège ont lancé des procédures similaires. Des manifestations de chauffeurs ont régulièrement lieu en Italie pour dénoncer la concurrence « déloyale » du service américain.