22 juin 2015

Tout s'explique

Apple recule sur son offre de streaming

Que demandait Taylor Swift ?

La chanteuse américaine Taylor Swift a adressé hier une lettre ouverte à Apple dans laquelle elle disait renoncer à inclure son dernier album dans le catalogue d’Apple Music. Ce service d’écoute de musique en streaming, attendu le 30 juin, prévoyait de ne pas rémunérer les artistes pendant la période d’essai gratuite de trois mois. La chanteuse estimait qu’il était « injuste de demander à quiconque de travailler pour rien ». Son dernier album s’est vendu à cinq millions d’exemplaires aux États-Unis, un chiffre jamais atteint depuis 2002, ce qui explique son influence sur les services de musique en ligne. Elle a retiré ses albums de Spotify en novembre pour dénoncer l’inéquité des reversements.

Qu’a répondu Apple ?

Apple a cédé hier aux exigences de l’artiste qui s’exprimait au nom de sa profession. Eddy Cue, responsable des services et logiciels internet, a indiqué qu’Apple rémunérerait les artistes à chaque écoute et cela même pendant la période d’essai. Le montant de cette rémunération n’a pas été précisé. Taylor Swift n’a pas annoncé si elle rejoignait finalement le service, mais s’est félicitée du changement de politique d’Apple. « Nous avons été entendus », a-t-elle déclaré hier sur Twitter.

Comment fonctionne la rémunération des artistes ?

Un abonnement mensuel à Spotify, Deezer ou bientôt Apple Music coûte 9,99 euros. Début novembre, en France, l’Adami, le principal gestionnaire des droits des artistes et musiciens, dénonçait un « partage inéquitable » des revenus des services de streaming légal. Sur un abonnement mensuel, les artistes écoutés se partageraient 0,46 euro, le reste étant réparti entre l’État (1,99 euro), la gestion des droits d’auteur (1 euro), les plateformes de streaming (1,96 euro) et les maisons de disques (4,58 euros). Le leader du marché Spotify a indiqué qu’un artiste gagnait entre 0,0053 et 0,0074 euro à chaque écoute d’un de ses morceaux.