2 juillet 2015

Tout s’explique

Négociations prolongées sur le nucléaire iranien

Quels sont les points qui restent à régler ?

Les négociations sur le nucléaire iranien, qui devaient s’achever le 30 juin à Vienne, ont été prolongées jusqu’au 7 juillet. L’Iran et les six pays impliqués (les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne) doivent s’entendre après la signature d’un accord intérimaire en avril. Dans ce texte, l’Iran s’était engagé à réduire de deux tiers le nombre de ses centrifugeuses, des machines servant à enrichir l’uranium pour des besoins civils ou militaires. Téhéran a aussi accepté de ne pas construire de nouvelles installations d’enrichissement pendant 15 ans. En échange, l’accord prévoit la suspension des sanctions internationales à l’égard de l’Iran.

Quels sont les obstacles ?

Les discussions ont été prolongées d’une semaine afin d’obtenir un consensus. Parmi les blocages : les modalités du régime d’inspections qui prouveront que l’Iran tient ses promesses. Le Guide suprême iranien Ali Khamenei refuse que l’Agence internationale de l’énergie atomique, une organisation sous l’égide de l’ONU, inspecte les sites militaires. En outre, l’Iran souhaite une levée immédiate des sanctions internationales, alors que les six autres négociateurs privilégient un retrait progressif en fonction de l’attitude iranienne.

L’accord en négociation est-il la dernière étape ?

En cas d’accord, le processus ne sera pas conclu avant l’approbation du Congrès américain et du Parlement iranien. Les élus américains examineront le texte pendant 30 jours, ou 60 jours si la Maison-Blanche le leur transmet après le 9 juillet. Ce scénario donnerait davantage de temps aux adversaires de Barack Obama pour empêcher une levée des sanctions. Les députés iraniens ont quant à eux voté la semaine dernière une loi visant à contrôler l’action du gouvernement en cas d’accord. Ali Khamenei, qui détient le dernier mot en matière de politique étrangère, a déclaré la semaine passée qu’il jugerait « inacceptable » une suspension « d’une durée aussi longue que dix à douze ans » du programme nucléaire de son pays.