10 juillet 2015

Tout s'explique

Après le référendum, les concessions de la Grèce

Pourquoi la Grèce concède-t-elle à ses créanciers ce qu'elle a refusé par référendum ?

Hausse de la TVA sur certains produits, réforme des retraites, réduction du budget de la défense… Les propositions transmises hier soir par Athènes à ses créanciers reprennent la plupart des mesures rejetées par les Grecs dimanche. Mais la Grèce assortit ce programme de réformes de deux demandes : un nouveau plan d’aide de trois ans avec 53,5 milliards d’euros pour couvrir ses remboursements jusqu’à 2018 et un aménagement de sa dette. Le Premier ministre Alexis Tsipras a ainsi résumé devant les députés de son parti le dilemme auquel il est confronté : « Nous avons un mandat pour obtenir un meilleur accord que l’ultimatum de l’Eurogroupe [les ministres des Finances de la zone euro], mais certainement pas un mandat pour retirer la Grèce de la zone euro. »

Comment ont réagi les créanciers ?

François Hollande a considéré ce matin que le nouveau plan de réformes de la Grèce constituait « un programme sérieux et crédible » et le signe d’une « détermination à rester dans la zone euro ». L’Allemagne est bien plus prudente, le porte-parole d’Angela Merkel se contentant de préciser que les nouvelles propositions allaient « être étudiées ».

Quelles sont les prochaines échéances ?

Les créanciers doivent donner ce soir leur avis sur les nouvelles propositions, avant une nouvelle réunion de l’Eurogroupe demain. Le parlement grec débat cet après-midi et sera appelé à voter tard dans la soirée son soutien à Alexis Tsipras. Si quelques députés de son parti Syriza ont fait connaître leur refus, les formations de droite et du centre ont annoncé leur appui. En cas d’accord de la Grèce avec ses créanciers, huit pays européens, notamment la France et l’Allemagne, le soumettront au vote de leur parlement.