20 juillet 2015

Tout s'explique

L’évasion du baron de la drogue mexicain Joaquín Guzmán

Comment s’est-il évadé ?

Plus d’une semaine après l’évasion du trafiquant de drogue Joaquín Guzmán, des détails émergent sur cette opération spectaculaire. Celui qui est surnommé « El Chapo » (« le trapu ») s’est échappé de la prison de haute sécurité dans laquelle il était détenu au Mexique grâce à un tunnel creusé jusque dans la douche de sa cellule. Une vidéo diffusée mercredi par le gouvernement montre l’intérieur du tunnel, long de 1,5 kilomètre, éclairé, équipé d’un système de ventilation et débouchant sur une maison en construction au milieu des champs. Un véhicule conçu à partir d’une moto circulant sur des rails servait à extraire la terre et acheminer le matériel. Un ancien responsable de la lutte anti-drogue aux États-Unis a estimé que la construction avait duré environ un an et coûté plusieurs millions de dollars.

Qui est-il ?

Joaquín Guzmán est le chef du cartel de la drogue de Sinaloa, une organisation criminelle basée sur la côte ouest mexicaine. Au cours des années 1990, il est devenu l’un des criminels les plus puissants au monde en vendant des quantités massives de cocaïne, héroïne, marijuana et autres drogues synthétiques aux États-Unis et en Europe. Le magazine américain Forbes l’a classé en 2013 parmi les personnalités les plus puissantes du monde et estime sa fortune à plus d’un milliard de dollars. Il s’était déjà évadé d’une prison de haute sécurité en 2001 en se cachant dans un panier à linge sale. Après 13 ans de traque, des militaires étaient parvenus à le capturer en février 2014.

Quelles sont les implications de cette évasion ?

L’enquête en cours cherche à déterminer comment le tunnel a pu être construit jusqu’à la cellule. Les autorités ont annoncé vendredi l’inculpation et la mise en détention de sept fonctionnaires de la prison. Il s’agit de personnes chargées de surveiller les images des caméras filmant la cellule de Guzmán, ainsi que d’autres employés de garde ce soir-là. 10 000 agents ont été déployés dans le territoire. Une récompense de 3,5 millions d’euros est offerte pour toute information menant à sa capture. Cette évasion ternit l’image du président mexicain Enrique Peña Nieto : lors de l’arrestation de Guzmán en 2014, il avait déclaré qu’une nouvelle évasion serait « totalement impardonnable ».