22 juillet 2015

Tout s’explique

Pas de moratoire sur le Flash-Ball

Qui réclamait un moratoire ?

Le ministère de l’Intérieur a jugé aujourd’hui « contre-productif » le moratoire sur l’usage du Flash-Ball réclamé hier par le Défenseur des droits Jacques Toubon. Celui-ci a aussi demandé son interdiction lors des manifestations, une mesure mise à l’étude par le ministère. Cette arme tirant des balles de caoutchouc non perforantes est régulièrement critiquée pour son imprécision et la gravité des blessures qu’elle peut provoquer. Le 14 juillet, un adolescent pris pour cible par la police alors qu’il lançait des pétards avec des amis a été blessé aux testicules à Argenteuil (Val-d’Oise). Le Défenseur des droits a ouvert vendredi une enquête sur cet incident. Nommé par le président de la République, il peut être saisi par toute personne s’estimant lésée ou discriminée. Il les assiste et publie des recommandations.

En quoi consiste cette arme ?

Le Flash-Ball est produit par la société stéphanoise Verney-Carron qui le décrit comme une arme à « létalité atténuée » et « à fort potentiel dissuasif ». Les balles, grosses comme celles d’un jokari, s’écrasent sur la personne. La police et la gendarmerie en sont équipées depuis 1995. Son utilisation, surtout à courte distance, peut entraîner des lésions graves. Un tir a même provoqué l’arrêt cardiaque d’un forcené à Marseille en 2010, causant son décès. Le Défenseur des droits a été saisi de plusieurs cas de blessures, surtout au visage et aux yeux, malgré l’interdiction de tir au-dessus des épaules. Dans un rapport de 2013, il préconisait de renforcer les restrictions et d’améliorer la formation des forces de l’ordre.

Quelles sont les alternatives ?

Le Flash-Ball fait partie des « moyens de force intermédiaire » qui ont vocation à « offrir une solution intermédiaire entre l’inefficacité d’une intervention physique » et « le risque de tuer au moyen d’une arme à feu », explique le Défenseur des droits. Les armes lacrymogènes sont les plus connues dans cette catégorie et encore largement utilisées. L’Inspection générale de la police (IGPN) juge dans son rapport d’activité de 2014 le Flash-Ball « obsolète ». Elle lui préfère le Taser pour son caractère dissuasif et de nouveaux lanceurs de balle de défense plus précis. Le Taser, un pistolet administrant une décharge électrique, est toutefois en cause dans plusieurs décès, notamment aux États-Unis où son recours est fréquent.