19 août 2015

Tout s'explique

François Rebsamen quitte le ministère du Travail

Pourquoi François Rebsamen démissionne-t-il ?

Le ministre du Travail François Rebsamen a remis sa démission à François Hollande ce matin en marge du conseil des ministres. Il a choisi de redevenir maire de Dijon après le décès de son successeur Alain Millot le 27 juillet et a été réélu le 10 août. La « charte de déontologie » édictée par le président prévoit que les ministres ne peuvent cumuler leur fonction avec des mandats exécutifs locaux. Un porte-parole de L’Élysée a fait savoir au Monde que la nomination du nouveau ministre aura lieu dans un délai « court », sans préciser si elle serait effective le 26 août, date de la publication des chiffres du chômage de juillet. Le quotidien estime que l’actuel secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, ancien avocat spécialisé dans le droit du travail, est le candidat le plus sérieux.

Comment a-t-il marqué son passage au ministère ?

François Rebsamen incarne avec Emmanuel Macron et Manuel Valls l’aile droite de la gauche gouvernementale. En septembre 2014, il s’était singularisé en appelant au renforcement des contrôles des chômeurs « pour être sûr que les gens cherchent bien un emploi ». Ce pas est aujourd’hui franchi et Pôle emploi généralisera les contrôles à partir du 1er septembre. François Rebsamen s’est également montré favorable à l’assouplissement des seuils sociaux dans les entreprises, ainsi qu’à la révision du statut des intermittents. Dans un entretien réalisé début août avec le Point, il a révélé vouloir supprimer les SMS de rappel envoyés chaque mois aux chômeurs pour qu’ils actualisent leur situation. Selon lui, ils contribuent aux mauvais chiffres du chômage et coûtent cher.

À quoi sert le ministre du Travail ?

Le ministère du Travail est chargé de la régulation du marché du travail, mais est surtout connu pour son annonce mensuelle des chiffres du chômage. Depuis la prise de fonction de François Rebsamen, il y a 16 mois, Pôle emploi a vu affluer plus de 200 000 chômeurs supplémentaires. S’il assume sa part de « responsabilité », le futur maire de Dijon estime dans un entretien à l’AFP que « le ministre du Travail ne peut pas, à lui seul, endiguer la hausse » du chômage. Il considère ce poste comme le « bout de la chaîne ». Il estime tout de même qu’il peut lancer « un certain nombre de dispositifs pour préparer sa résorption quand l’économie repart ». Depuis Martine Aubry (1997-2000), les ministres ont eu une longévité réduite dans cette fonction (moins de deux ans).