20 août 2015

C'est leur avis

La fidélité plutôt que la « nouveauté marchande »

La France a voté en juillet l’interdiction de l’obsolescence programmée, consistant pour les fabricants à réduire « délibérément » la durée de vie de leurs produits. Dans une interview au Monde sur son itinéraire et sa conception du bonheur, qu’il oppose à la satisfaction, le philosophe Alain Badiou, connu pour son engagement à gauche, voit dans la surconsommation un obstacle à une vie heureuse.

« Le consommateur est la figure objective dominante, celle qui fait tourner le monde. Nos maîtres suivent avec angoisse le niveau d’achat de marchandises par les gens. […] Cette obsession de la nouveauté marchande, souvent déguisée en mode, est un phénomène qui porte atteinte au bonheur : la fidélité sous toutes ses formes est désormais une valeur menacée. On n’a pas le droit d’être indéfiniment fidèle à sa vieille voiture, il faut en acheter une autre, sinon le système économique est menacé ! Cet impératif pénètre l’univers collectif ou personnel et crée beaucoup de séparations. » Alain Badiou