24 août 2015

Tout s'explique

La sécurité ferroviaire après l’attaque du Thalys

Quelles sont les mesures prises en urgence ?

Vendredi soir, un homme lourdement armé a ouvert le feu et blessé une personne dans le Thalys Amsterdam-Paris, avant d’être maîtrisé par quatre passagers qui ont été faits chevaliers de la Légion d’honneur à l’Élysée aujourd’hui. Le secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, a annoncé ce matin le renforcement des contrôles aléatoires des bagages dans les gares. Interrogé sur le risque discriminatoire de cette pratique, il a indiqué préférer « qu’on discrimine, effectivement, pour être efficace, plutôt que de rester spectateur ». Critiqué par plusieurs élus de gauche, il a nuancé ses propos dans un communiqué affirmant qu’il fallait « prévenir » le risque de discriminations. La SNCF a annoncé hier que son numéro vert « de vigilance citoyenne », le 3117, jusqu’à présent réservé aux actes d’incivilité, serait élargi à partir du 1er septembre au signalement d’événements d’anormaux en gare ou dans un train.

Quelles sont les actions envisagées par la suite ?

Plusieurs personnalités, dont le sénateur-maire PS d’Alfortville Luc Carvounas, ont appelé à « sécuriser les voyageurs à bord de chaque train comme pour les vols aériens, quel que soit le coût ». Une proposition jugée irréaliste ce matin par Guillaume Pépy, le président de la SNCF. La France compte 3 000 gares et cinq millions de personnes empruntent chaque jour 15 000 trains. « Vous voyez ce que sont les mesures de contrôle d’embarquement dans les aéroports, a-t-il prévenu. Il faudrait faire 20 fois plus dans le train. Ce n’est pas une piste sur laquelle il faut compter. » En revanche, il s’est dit ouvert au contrôle de quelques lignes à grande vitesse ou internationales. Aucun dispositif particulier n’a encore été annoncé par le gouvernement.

Comment cela se passe-t-il à l’étranger ?

Seule l’Espagne, marquée par les attentats de mars 2004 à Madrid, contrôle aux rayons X les bagages de ses passagers longue distance. Chaque personne passe ensuite sous un portique de sécurité. Pour se rendre en Grande-Bretagne via l’Eurostar, il faut arriver 30 minutes avant le départ du train et passer un contrôle de sécurité. Le protocole est réalisé dans un lieu isolé du reste de la gare, comme dans un aéroport. Cette exception se justifie par le fait que le Royaume-Uni n’appartient pas à l’espace Schengen et par les mesures anti-incendie applicables au tunnel sous la Manche. Comme en France, les forces de sécurité allemandes ou britanniques arpentent les gares, mais ne contrôlent pas les bagages. La Belgique a annoncé samedi un renforcement du contrôle aléatoire des bagages.