25 août 2015

Tout s’explique

Le ralentissement de l’économie chinoise inquiète

Le ralentissement chinois menace-t-il les économies occidentales ?

Alors que les Bourses mondiales ont enregistré un fort recul hier, les places financières européennes et américaines ont connu un sursaut aujourd’hui. À Paris, le CAC 40 a clôturé en forte hausse à +4,14 %. « Nous sommes solides », a cherché à rassurer ce matin Manuel Valls, estimant que l’impact des turbulences chinoises n’ira « pas au-delà de quelques dixièmes de point sur le PIB à ce stade ». L’industrie du luxe, les machines-outils et l’automobile sont les secteurs les plus concernés par le ralentissement chinois. La Chine absorbe ainsi 10 % des ventes automobiles de l’Allemagne. C’est son troisième marché d’exportation (le huitième pour la France).

Pourquoi ce mouvement de panique sur les marchés financiers ?

Entre août 2014 et juin 2015, la surestimation de la bonne santé du pays a fait bondir les places financières chinoises de 130 %, une bulle boursière alimentée par l’endettement des petits porteurs. Cette croissance s’est ensuite confrontée à l’économie réelle avec une succession de mauvais indicateurs économiques (croissance, production manufacturière, consommation intérieure, etc.). Les investisseurs ont commencé à revendre leurs actifs les plus spéculatifs et le cercle vicieux s’est enclenché. Les marchés asiatiques ont encore connu aujourd’hui une séance chaotique, dans le sillage de la nouvelle chute de Shanghai (-7,63 %). Les marchés occidentaux ont été touchés hier à leur tour en raison des inquiétudes sur la croissance mondiale.

Le pouvoir chinois est-il affecté ?

Depuis le début de la baisse de la Bourse de Shanghai en juin, le président chinois Xi Jinping a tenté d’intervenir à plusieurs reprises (plan massif de rachat d’actions de 144 milliards de dollars, autorisation pour les fonds de pension d’investir en Bourse, etc.), mais a davantage suscité l’inquiétude [€] qu’il n’a rassuré les investisseurs. La dévaluation surprise du yuan, le 11 août, a elle aussi contribué à déstabiliser les marchés.