26 août 2015

Tout s'explique

L’Europe éclatée face aux migrants

Comment s’expriment les réticences face à l’afflux de migrants ?

Au moins 340 000 migrants sont entrés en Europe depuis le 1er janvier, a révélé la semaine dernière Frontex, l’agence européenne de protection des frontières. Elle en a dénombré 107 500 pour le seul mois de juillet, trois fois plus que l’an passé. De violentes manifestations anti-immigrés, que la chancelière Angela Merkel a jugé aujourd’hui « abjectes », ont eu lieu le week-end dernier en Allemagne. En Hongrie, le chef de la police a annoncé ce matin le déploiement de 2 100 policiers à la frontière serbe, tandis qu’une barrière haute de quatre mètres doit être dressée d’ici quelques jours entre les deux pays. Le Royaume-Uni prépare une loi instaurant une peine de six mois de prison et la saisie des salaires des travailleurs clandestins. L’ONU a demandé ce matin à l’Europe de faire preuve « d’humanité » envers les migrants.

Où en est la réglementation européenne sur les migrants ?

Les gouvernements de l’Union européenne avaient rejeté en juin une proposition du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker instaurant des quotas obligatoires pour l’accueil des migrants. Ils ont préféré se mettre d’accord sur un système de répartition volontaire, s’en tenant au chiffre de 60 000 sur deux ans. Le sujet n’a fait qu’empirer cet été, avec l’arrivée d’un nombre record de 50 000 migrants en Grèce au mois de juillet. Deux mois et demi avant un sommet spécial UE-Afrique à Malte, le 11 novembre, François Hollande et Angela Merkel ont demandé lundi un renforcement du travail de coopération avec les pays africains pour favoriser le retour des migrants en situation illégale. Ils ont également appelé à plus de solidarité entre les États membres.

Où en est la réglementation européenne sur les réfugiés ?

Chaque migrant qui s’estime en droit d’obtenir le statut de réfugié doit formuler une demande d’asile. L’État responsable de son examen est le premier par lequel le migrant est entré en Europe. Cette règle, instituée par les accords de Dublin (2003), est devenue très difficile à appliquer par les pays situés aux frontières extérieures. La Grèce et l’Italie ne peuvent plus gérer la multiplication des demandes. L’Allemagne a ainsi annoncé hier qu’elle avait arrêté de renvoyer les demandeurs d’asile syriens vers leur pays d’entrée, geste salué comme un exemple de solidarité européenne par une porte-parole de la Commission européenne.