27 août 2015

Tout s'explique

« Millénium », saga à succès et à polémiques

Qui est l’auteur ?

Le quatrième épisode de la série littéraire « Millénium » est disponible depuis aujourd’hui dans 25 pays, dont la France. Il est l’œuvre de l’écrivain suédois David Lagercrantz, qui s’est fait connaître en 2013 pour avoir cosigné une autobiographie du footballeur Zlatan Ibrahimovic. Il a été chargé par la maison d’édition Norstedts de poursuivre l’intrigue imaginée par Stieg Larsson, auteur des trois premiers tomes. Le romancier suédois est brutalement décédé d’une crise cardiaque en 2004, juste après avoir envoyé sa trilogie à l’éditeur. Norstedts a organisé la sortie de ce nouveau livre dans le plus grand secret, n’envoyant un exemplaire en avant-première qu’à une poignée de journalistes.

Pourquoi cet ouvrage fait-il polémique ?

La publication d’une suite à « Millénium » par un nouvel auteur suscite la polémique en Suède. Plusieurs romanciers ont appelé à son boycott. Deux écrivains amis de Stieg Larsson ont critiqué début août la « commercialisation de l’œuvre de Stieg », qu’ils considèrent comme « une insulte à l’homme qui détestait notre société d’hyperconsommation ». Sont également dénoncées les motivations financières de l’éditeur Norstedts, qui connaît de graves difficultés et a dû se séparer de 20 % de ses effectifs l’an dernier, et celles du père et du frère de Stieg Larsson, qui ont donné leur autorisation à la sortie d’un quatrième tome. Ce sont ces derniers qui bénéficient du triomphe de la série, l’ancienne compagne de l’auteur, avec qui il a vécu 32 ans, ayant été écartée de la succession au motif qu’ils n’étaient pas mariés.

Quel a été le succès de la première trilogie ?

Vendue à plus de 80 millions d’exemplaires, la série « Millénium » a été adaptée plusieurs fois au cinéma et à la télévision. Elle narre les aventures de Lisbeth Salander, hacker surdouée au passé tourmenté, et de Mikael Blomkvist, journaliste d’investigation. Tous deux luttent contre l’injustice et les conspirations. La trilogie s’est écoulée à 4,2 millions d’exemplaires en France, assurant la prospérité d’Actes Sud, la maison d’édition installée à Arles. Elle avait déboursé moins de 30 000 euros pour acquérir les droits en 2004. « Ce qui ne me tue pas » a d’ores et déjà été tiré à 450 000 exemplaires en France.