1er septembre 2015

Tout s'explique

La crise des migrants ébranle les accords de Schengen

Que demande Angela Merkel ?

Pressée par l’afflux de réfugiés en Allemagne – 200 000 demandes d’asile l’an dernier et 800 000 attendues cette année –, Angela Merkel a mis en garde ses partenaires sur l’absence d’une solution européenne. « Si nous ne réussissons pas à répartir de manière juste les réfugiés, il est évident que la question de l’espace Schengen sera à l’ordre du jour pour beaucoup », a-t-elle déclaré hier. L’espace Schengen comprend 22 pays de l’Union européenne entre lesquels toute personne peut circuler librement. L’Allemagne s’est montrée le pays le plus réactif dans cette crise, en débloquant des fonds pour venir en aide aux réfugiés (plus d’un milliard d’euros depuis 2011) et en cessant de renvoyer les Syriens arrivés sur son sol vers leur pays d’entrée dans l’UE (Italie et Grèce principalement) comme le règlement européen le lui permet.

Comment réagissent les pays opposés à l’accueil des migrants ?

Les pays d’Europe centrale refusent la mise en place de quotas contraignants, la solution prônée par la Commission et l’Allemagne. Hier, la Hongrie a laissé embarquer des centaines de migrants dans des trains vers l’Autriche et l’Allemagne. Mais, depuis ce matin, la gare de Budapest leur est interdite d’accès. Le Premier ministre eurosceptique Viktor Orban reproche à l’Allemagne d’avoir créé un appel d’air en annonçant qu’elle cessait de renvoyer les Syriens vers leur pays d’entrée dans l’UE. Une réunion aura lieu vendredi à Prague entre la République Tchèque, la Slovaquie, la Hongrie et la Pologne, opposées au système des quotas, pour adopter une position commune.

Comment fonctionne la libre circulation en Europe ?

L’accord de Schengen, entré en vigueur en 1995, définit l’espace de libre circulation en Europe. 22 des 28 pays de l’UE en font partie. La Bulgarie, la Roumanie, Chypre et la Croatie ont vocation à le rejoindre. L’Irlande et la Grande-Bretagne ont choisi de ne pas signer l’accord. À l’inverse, quatre pays non européens font partie de l’espace Schengen : l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein. Le principe de la convention de Schengen implique que tout individu, une fois entré légalement dans le territoire de l’un des pays membres, peut franchir les frontières des autres pays sans contrôle. Un État ne peut rétablir les contrôles qu’en cas d’atteinte à l’ordre public ou à la sécurité nationale (pour six mois maximum ou deux ans en cas de circonstances exceptionnelles).