2 septembre 2015

Tout s'explique

La voiture sans conducteur fait ses débuts en France

Où en sont les expérimentations françaises ?

Les constructeurs français travaillent depuis plusieurs mois sur des modèles de voitures autonomes. PSA Peugeot Citroën teste depuis juillet quatre C4 Picasso en conditions réelles au milieu du trafic sur des voies rapides de la région parisienne. La voiture est capable de doubler seule, d’adapter sa vitesse en fonction des panneaux ou encore de suivre sa trajectoire sans l’action de l’homme. Le ministre de l’Économie Emmanuel Macron doit assister à une démonstration le 14 septembre sur le circuit du centre d’ingénierie du groupe à Vélizy (Yvelines). Renault a prévu de faire rouler sa Next Two sur des voies rapides à la fin de l’année. Il s’agit d’un prototype basé sur la Zoé électrique du constructeur. Le PDG de Renault Carlos Ghosn et la direction de PSA envisagent une commercialisation à l’horizon 2020.

À quels problèmes se heurtent les entreprises les plus en pointe ?

Google a recensé 16 accidents sur plus de 3 millions de kilomètres parcourus depuis le lancement de son programme en 2009. Tous sont des accrochages liés à une erreur humaine, explique l’entreprise. Le dernier a eu lieu le 20 août, lorsqu’une Google Car a été percutée par le véhicule qui la suivait. L’employé de Google présent dans la voiture par mesure de sécurité avait brutalement appuyé sur le frein pour s’assurer que le véhicule s’immobiliserait bien devant un piéton. Plusieurs exemples montrent que le logiciel peut s’avérer trop prudent : une Google Car s’est soudainement écartée sur le côté en réaction à un véhicule approchant un feu rouge trop rapidement sur la voie d’en face. Le programme suit à la lettre le Code de la route et n’anticipe pas le comportement agressif des conducteurs humains.

La réglementation autorise-t-elle les voitures sans conducteur ?

La loi de transition énergétique, promulguée le 18 août, autorise le gouvernement français à adapter la législation « afin de permettre la circulation sur la voie publique de véhicules à délégation partielle ou totale de conduite », et ce « à des fins expérimentales ». Une ordonnance ministérielle est en cours de validation. L’Allemagne autorise depuis février les tests sur un tronçon d’autoroute, le Japon depuis 2013. Depuis 2011, plusieurs États américains et quelques villes se sont dotés d’une législation, dont le Nevada, la Floride, la Californie et le Michigan. Ce dernier a construit une ville artificielle de 13 hectares réservée aux tests de voitures autonomes.