9 septembre 2015

Tout s'explique

Juncker va tester la solidarité des 28

Comment le président de la Commission juge-t-il l’action des Européens ?

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a prononcé ce matin devant le Parlement son discours sur l’état de l’Union. Il s’agissait d’une première en Europe pour cet exercice amené à se répéter tous les ans. Le Luxembourgeois a concédé que l’Europe avait été « trop faible face à la crise libyenne, trop peu déterminée face à la crise en Syrie ». Il a rappelé que « tout le monde doit participer à l’effort d’accueil », en insistant sur le rôle de terre d’asile qu’avait déjà joué l’Europe pour les populations qui fuyaient la répression de l’URSS. Le président a ensuite réitéré sa proposition d’accueillir 160 000 demandeurs d’asile déjà présents sur le sol européen.

Comment s’articule son projet de relocalisation des demandeurs d’asile ?

Jean-Claude Juncker a détaillé un « mécanisme permanent de relocalisation ». Il s’activerait lorsqu’un pays ferait face à des demandes d’asile disproportionnées par rapport à ses capacités. La Commission déterminerait le nombre de personnes à envoyer vers d’autres pays, en fonction de quatre indicateurs : PIB, nombre d’habitants, taux de chômage et nombre de demandeurs d’asile déjà accueillis lors des six derniers mois. Ce dispositif ne s’appliquerait qu’aux personnes en danger de mort dans leur pays d’origine. Jean-Claude Juncker souhaite que la proposition soit adoptée le 14 septembre, lors d’un conseil extraordinaire des ministres de l’Intérieur. Elle devra être acceptée par au moins 55 % des États membres représentant 65 % de la population. L’Allemagne et la France y sont favorables.

Des pays pourront-ils refuser d’y participer ?

Le mécanisme prévoit une clause d’exemption pour les pays ne souhaitant pas y participer. Ceux-ci devraient néanmoins se justifier, la Commission se réservant le droit de refuser les arguments. Toute exemption ne pourrait durer plus de 12 mois et aurait un coût : 0,002 % du PIB du pays concerné, à verser au budget de l’UE. À titre d’exemple, la France serait exposée à une compensation d’environ 43 millions d’euros.