14 septembre 2015

Tout s’explique

Une partie de l’Europe rétablit ses frontières

Pourquoi plusieurs pays, dont l’Allemagne, ont-ils rétabli le contrôle de leurs frontières ?

L’Allemagne a annoncé hier le rétablissement des contrôles d’identité à sa frontière avec l’Autriche. Cette décision s’explique par l’afflux de dizaines de milliers de migrants dans les deux semaines qui ont suivi son plaidoyer pour un accueil des réfugiés sans limite de nombre. L’Allemagne a justifié sa décision de suspendre la libre circulation par « l’inaction » de l’UE, pour l’instant incapable de s’entendre sur un mécanisme de répartition des demandeurs d’asile. Munich, principale porte d’entrée en Allemagne, a été débordée par l’arrivée de 63 000 réfugiés en deux semaines. Entre hier et ce matin, l’Autriche, la Slovaquie, la République tchèque et la Hongrie ont elles aussi annoncé des mesures de contrôle.

Les accords de Schengen sont-ils toujours respectés ?

Les accords de Schengen intègrent une clause qui autorise les États à rétablir provisoirement des contrôles aux frontières dans des circonstances exceptionnelles : menace grave pour l’ordre public et la sécurité intérieure (six mois maximum) ou événements imprévus (cinq jours maximum), comme par exemple l’organisation d’un G20 ou la visite du président américain. En cas de défaillance grave du contrôle des frontières extérieures, le contrôle peut être rétabli pendant 24 mois. L’Allemagne et les autres pays devront justifier auprès de la Commission européenne la menace qui les a conduits à prendre une telle mesure.

Quelles autres actions sont envisagées ?

Les ministres de l’Intérieur des 28 États membres se réunissaient cet après-midi pour examiner la proposition de la Commission, soutenue par la France et l’Allemagne, d’une répartition obligatoire dans les différents pays des 160 000 demandeurs d’asile attendus d’ici à la fin de l’année, chiffre qui pourrait être revu à la hausse. Les États membres sont divisés à ce sujet. L’UE a dans le même temps décidé de recourir à la force militaire dans le cadre de son opération en Méditerranée débutée en juin. Les navires de guerre auront l’autorisation d’arraisonner, fouiller, saisir et dérouter les navires soupçonnés de servir aux passeurs. Ils pourront également procéder à des arrestations, à condition de ne pas entrer dans les eaux territoriales libyennes.