15 septembre 2015

C'est leur avis

La question des migrants nous divise intérieurement

Les ministres de l’Intérieur européens n’ont pas réussi à se mettre d’accord hier sur la manière de répartir les 120 000 migrants supplémentaires que la Commission européenne leur a demandé d’accueillir. Dans les Échos, le philosophe Roger-Pol Droit, estime que la division sur le sujet n’est pas qu’entre États, mais qu’elle est en chacun de nous.

« “Nous, les humains” avons envie de tendre les bras. Ce nous de l’empathie, de la pitié, de la fraternité ne repose pas sur une pauvre commisération larmoyante. Il constitue le fondement même de la morale. […] “Nous les nantis” avons envie de fermer la porte, de déclarer que ce n’est pas notre problème, pas notre vie ni notre responsabilité. Ce nous de l’égoïsme et du repli, est aussi celui de la défense des acquis, de la stabilité sociale, de l’ordre public, du chez soi qui n’est pas chez les autres, ni ouvert à tout vent. […] La difficulté tient au fait que chacun appartient toujours à ces deux nous à la fois. » Roger-Pol Droit