16 septembre 2015

Tout s'explique

La lutte contre Daech fait le jeu du régime syrien

Quel est l’engagement de la Russie en Syrie ?

L’appui de la Russie en Syrie, fidèle soutien du régime de Bachar el-Assad, se résume à une « aide militaire technique », a déclaré hier le président russe Vladimir Poutine lors d’un sommet régional. Mais depuis début septembre, le département d’État américain observe un renforcement de la présence russe, avec un déploiement d’artillerie et de chars dans un aéroport du nord du pays. Le secrétaire d’État américain John Kerry a appelé trois fois en dix jours son homologue Sergueï Lavrov pour lui rappeler que ce soutien risquait d’exacerber la guerre en Syrie. Au contraire, Moscou estime qu’il est indispensable de s’appuyer sur le régime syrien pour lutter efficacement contre le groupe État islamique. Selon le Monde de ce soir, Vladimir Poutine compte lancer le 28 septembre, lors de l’Assemblée générale des Nations unies, un appel pour une nouvelle alliance contre l’organisation terroriste.

Quand auront lieu les frappes aériennes françaises ?

Les chasseurs français, qui effectuent depuis le 8 septembre des vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie, passeront à des frappes « dans les prochaines semaines, dès que nous aurons des cibles bien identifiées », a déclaré ce matin le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Aucun détail n’a été donné sur leur nature, mais il a relevé que les djihadistes de Daech progressaient de manière « très importante » dans le nord de la Syrie. François Hollande a invoqué aujourd’hui en Conseil des ministres « le principe de la légitime défense » pour justifier d’éventuelles frappes.

S’agit-il d’un revirement stratégique ?

La France assure une mission de protection aérienne en Irak depuis septembre 2014, afin d’aider le gouvernement local à lutter contre le groupe État islamique. Elle se refusait jusqu’ici à faire de même en Syrie, pour que son action ne bénéficie pas au régime de Bachar el-Assad. François Hollande renonce ainsi au principe « ni Assad ni Daech » qui présidait à sa politique de non-intervention. Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a justifié ces frappes par les menaces de Daech, qui « concernent directement la sécurité de la France ».