17 septembre 2015

Tout s’explique

BlaBlaCar devient une « licorne »

Qu’appelle-t-on une « licorne » en finance ?

La plateforme de covoiturage BlaBlaCar a annoncé hier soir une levée de fonds de 200 millions de dollars. Cette opération fait entrer la start-up dans la catégorie des « licornes », du nom de ces jeunes entreprises non cotées en Bourse dont la valorisation dépasse le milliard de dollars. Recalculée, la valeur de l’entreprise atteint 1,6 milliard de dollars. BlaBlaCar devient ainsi l’unique « licorne » française, après Criteo, désormais introduite en Bourse, et Vente-privée, devenue une grande entreprise. Ce terme, utilisé pour la première fois en 2013 par Aileen Lee, la gérante d’un fonds de capital-risque, vise à décrire à la fois la rareté de ces entreprises et le caractère spectaculaire et en apparence mystérieux de leur valorisation. Les investisseurs y consentent dans la perspective d’une éventuelle introduction en Bourse à un niveau encore plus élevé. Les licornes les plus connues sont Uber (États-Unis), Xiaomi (Chine), Airbnb (États-Unis), Snapchat (États-Unis) ou Spotify (Suède). Le cabinet d’analyse CB Insights en recense 134.

Comment s’explique la réussite de la société ?

BlaBlaCar a été fondé en 2006 sous le nom de Covoiturage.fr, avant d’être renommé en 2013. La société revendique 20 millions de membres dans 19 pays. La plateforme met en relation des conducteurs qui proposent un itinéraire spécifique avec des passagers. L’objectif est de partager les coûts, comme l’essence ou le péage. Les différentes parties ne s’échangent de l’argent que par l’intermédiaire du site. BlaBlaCar se rémunère en prélevant 10 % à 12 % de la transaction. Son succès s’explique par les tarifs moins élevés que le train, mais aussi par la possibilité de se rendre dans des zones mal desservies.

Cette valorisation est-elle excessive ?

Cette levée de fonds s’inscrit dans un mouvement général, qui voit bondir les investissements en faveur des start-ups européennes. Selon une étude réalisée par Clipperton Finance, un cabinet de conseil dédié aux firmes high-tech, les levées de capitaux ont augmenté de 86 % au premier semestre par rapport à la même période l’an passé. BlaBlaCar a besoin de ces fonds pour maintenir sa croissance (+200 % par an) et racheter des rivaux. En avril, elle a acquis Carpooling, le premier groupe de covoiturage allemand, qui était son principal concurrent en Europe. Aujourd’hui leader sur le continent, BlaBlaCar n’est pas encore rentable.